Monday, May 22, 2006

Quatre chaussures et un mariage

On ne peut pas faire confiance aux gens qui portent des chaussures plates. Je ne parle pas de baskets ou autres kickers, non je parle de ces chaussures « de ville » sans talons, sans semelle même, des chaussures lisses et fines qui rejoignent la cheville en une espère de pyramide informe de tissus et qui aplatissent inexorablement la silhouette. D’ailleurs ces gens-là ont souvent la démarche qui s’assortie aux chaussures (les épaules affaissées et le cou tendu vers l’avant). Méfiez-vous de ces gens-là : ils vous gâcheront la vie... ils vous gâcheront votre mariage.
Samedi avait lieu le mariage tant attendu de Philippe et Mélikah, une cérémonie très émouvante et une soirée très amusante – ce qui est rare pour les mariages, même ceux d’amis intimes. Malheureusement une personne proche des mariés (que ne je nommerai pas par respect pour eux, mais que nous appellerons « le Kaporal »), affublée de ces immondes chaussures plates, étendues comme des palmes, et ternes à en mourir, leur a gâché la soirée par un petit scandale aux causes ridicules : après avoir glacé l’ambiance par un message d’une froideur incomparable aux micros, le Kaporal est sorti en claquant la porte, et, tenez-vous bien, les rumeurs prétendent qu’elle aurait de rage jeté ses chaussures en partant à la figure d’un convive ! Quand je vous disais que les chaussures concentrent toutes les passions et les haines, jusqu’à en devenir les victimes innocentes !
Et pourtant, malgré ces chaussures plates, quel beau mariage !
La mariée portait, négligemment cachées sous sa robe arabe des chaussures à talon dorées et brodées dans la pure tradition méditerranéenne, qu’elle laissait entr’apercevoir au détour d’une photo ou d’une danse.
D’ailleurs le marié – jaloux certainement – a profité de quelques instants de solitude à la roseraie pour lui-même les essayer !
Et les témoins ! Les deux jeunes femmes rivalisaient de hauteurs sur leurs talons délicats. Sandra (oui, il y a certaines personnes qui méritent d’être citées dans ce blog) portait des sandales à talons hauts dont les lanières formaient de jolies arabesques symétriques sur ses pieds et autour de la base de ses chevilles. Sous le pantalon qu’elle portait à la mairie, ces chaussures lui faisaient des jambes immenses et un galbe vertigineux ; sous la robe satinée de la soirée elles donnaient à la démarche un ton léger et aérien propice aux amusements les plus insouciants.

Quant à Marie-Hélène, ah, Marie-Hélène, la beauté d’outre-atlantique, au teint halé de ses vacances récentes à Cuba… Marie-Hélène portait des talons de dix centimètres, qui la rendaient encore plus sculpturale. Quelques fines lanières beiges seulement tenaient le pied dans un équilibre jamais instable. Car il ne s’agit pas uniquement de choisir des chaussures à talon, encore faut-il savoir les porter en toute occasion, et ces deux demoiselles n’ont eu aucun problème à danser en toute sécurité… Les deux jeunes femmes ont d’ailleurs illuminé la soirée par un discours franco-québécois piquant et drôle, preuve qu’elles étaient des demoiselles « correctes » (comme ils disent), de la tête aux pieds.
Je termine enfin avec une photo de groupe, avec les chaussures de Pascal, Anne et moi. On remarquera les chaussures rondes d’Anne et que l’on ne se méprenne pas : il s’agissait là de ses chaussures de secours (qui étaient tout de même très jolies – car on aurait tort de négliger le choix de sa deuxième paire de chaussures en ces occasions). Nous reviendrons certainement un jour sur l’utilité et le choix de la nécessaire paire de secours…
Quoiqu’il en soit, s’il on avait une leçon à tirer de cette journée ce serait : portez des talons hauts, vous en serez des invitées parfaites à toutes les soirées… et méfiez-vous du grand méchant loup à la semelle plate…

Wednesday, May 17, 2006

[Stef] Autant en emporte le vent...


Dans la lignée blanche de cet été, voici une paire de baskets en toile type all stars de chez Springfield, à carreaux multicolores à dominante bleu clair.

Je pense qu'elles me serviront fidèlement pendant tout l'été, mais qu'elle mourront à la fin de la saison. Il y a quelque chose d'émouvant dans ces chaussures en toiles qui finissent inlassablement par se déliter quand revient la morne saison. Elles sont un peu comme les tubes de crème solaire qui se vident, comme les lunettes de soleil qui se cassent, se perdent ou sont volées, ou comme les grilles de Sudoku sur la plage, on sait qu'elles ne dureront qu'un temps, et on les aime pour ça. Pour acheter une telle paire de chaussures, il faut croire (et revendiquer) l'éphémère, le transitoire, l'évanescent...

Tuesday, May 16, 2006

[Stef] White Vogue


Avant de me heurter à une levée de boucliers contre la rotondité grossière de mes nouvelles sneakers de skaters, je vous présente ma dernière acquisition, en vue du mariage de Philippe et Melikah samedi prochain : une paire de mocassins à lacets blancs en cuir avec motifs troués (Zara, point.43). J'ai longtemps hésité, car il est évident qu'on ne met pas tous les jours de telles chaussures blanches, mais l'appel de Vogue à l'hégémonie du Blanc immaculé m'a convaincu de pencher pour ces chaussures élangantes et raffinées.

Ainsi, puisque la mode est au blanc pour les hommes, sur mon costume noir je mettrais un panama blanc, chemise et cravatte blanche ton sur ton et, avec aux pieds, ces petites merveilles de maroquinerie, je compte bien ne pas passer inaperçu sur les bancs de l'église. J'aime particulièrement le look gangster des films années 50 : il ne me manque que les guêtres !
La bonne surprise c'est qu'elles sont délicieuses également sous un jean. Et là, c'est la grande frime, comme dirait Big. Rien de plus élégant que de porter de telles chaussures fines dans la vie quotidienne. J'ai hâte que le mariage soit passé pour pouvoir les utiliser régulièrement...

[Stef] Régression mimétique

Comment bien commencer la journée ? En ouvrant les volets et en voyant le soleil et le ciel bleu ? Mouais... En mangeant un muffin à la fraise ? Ouais, ça peut aider... En savourant le calme après la tempête théâtrale ? Pas seulement...
Non, ce qui est magique, c'est quand, en ouvrant la boîte aux lettres, on y trouve... une nouvelle paire de chaussures! Comme ça, inattendue, tombée du ciel.
C'est ce qui m'est arrivé ce matin puisque j'ai reçu dans un joli paquet en kraft une paire d'Airwalk Vic Canevas, colori Kaki camouflage, pointure 43. Bon d'accord... ce n'est pas tout à fait mon style, et elles ont l'air assez barbares quand on les voit comme ça, mais j'avoue que sous un jeans elles ne sont pas désagréables. Et puis, quelle régression que de porter des chaussures de skater : j'ai l'impression d'être un de mes copains de lycée, qui descendait la montée du Poncelet en skate ! Bien sûr, ce n'est pas bien raffiné, mais elles sont super confortables et elles tiennent bien le pied : ce sera un bonheur cet hiver. Et puis, ce côté roots, presque butch, j'adoore et j'assume !
Et surtout, c'est toujours meilleur quand ça tombe du ciel ;-)