My Milano – 2 – WTF ?
Alors je commence par une affiche sur le chemin de la gare (oui parce que je n’habite pas Milan-même faut pas pousser, y’a que Coco la newyorkaise shooté au Vogue coréen pour habiter à Brera – j’en reparlerai…). En ce moment c’est les élections en Italie (encore ? ben ouais… vous vous souvenez la quatrième république chez nous ben c’est pareil ici). Parmi les favoris y’a Veltroni, de la gauche (le Parti Démocrate – vous ferez l’acronyme tout seuls), et évidemment l’indécrottable Berlumachin. Mais y’ aussi la délicieuse raffinée et si appréciée extrême droite. Visez un peu…
En traduction ça donne : « Eux n’ont pas pu mettre des lois à l’immigration et maintenant ils vivent dans des réserves. Pensez-y ! » Et là mamie avale son dentier devant Facebook, papy s’étrangle sur sa soupe aux OGM et Hanaé retourne à la G.U.: « Zut, j’ai pas tout compris alors ?» Ben si si, t’as bien compris, c’est eux qui font n’imp’ ! Et, passant sur les erreurs démographico-historico-politico-contextuelles que cela suppose, Pascal se dit simplement : «What the Fuck ?». Allez je vous la remets rien que pour le plaisir….
La suite promis est bien plus politiquement correcte. Alors toujours sur la route de la gare (la gare c’est loin), un bar. A priori pas de quoi avoir peur, il peut pas arriver grand-chose dans un bar. Je m’assois (parce que c’est vraiment loin la gare) et vlan :
WTF ? Qui a eu un jour, quelque part entre 1957 et 1963 l’idée de superposer ces deux nappes ? Comment un soir la patronne du bar a décidé d’associer ces deux tissus ? - mystère étrange du design d’intérieur d’un bar lombard.
Bon finalement j’arrive à Milan. Dans le train, à part mater des beaux mecs en costard j’avoue y’a pas de trop what-will-i-fuck en vue. En ville sur le long chemin de la bibli (et après ça, qui dit que je fais pas de sport !) y’a plein de magasins et autres locali : pas trop loin de Via Dante on peut passer à côté d’un bar au nom évocateur pour moi et là je me fais mon petit WTF personnel :
Le fameux « Mister X », « Mr. Big », « Invité mystère de ‘Ca se discute’ » se serait reconverti ? En tout cas je lève les yeux au ciel en chantonnant le générique de Sex&TheCity et je continue.
Un peu plus loin, juste à côté d’un grand hôtel particulier du XVIIIe siècle, le palazzo Cusani se cache une bijouterie devant laquelle je suis passé ce matin par hasard. Son nom ?
Non mais alors là je comprends pas. Moi je pensais que la pierre en question n’existait que dans les comics de Superman et surtout, bordel, que ça s’écrivait Kryptonite !! Pourquoi avoir choisi un nom comme ça ? D’où vient cette orthographe ? Et surtout est-ce que vous vendez des pierres vertes qui pulsent et qui font mal à mon pal?
Bon mais tout ça, me diront les plus urbanistes d’entre mes amis, ça n’a pas grand-chose à voir avec Milan-même. Certes. Alors passons aux monuments. J’ai pas encore parlé du château: le-castello-sforzesco-commencé-par-les-Visconti-fini-par-les-Sforza-d-où-son-nom-y-a-residé-entre-autre-Leonard-de-Vinci-c-est-l-autre-joyaux-de-la-ville-après-le-dôme-sans-traces-de-dents-de-jap’-celui-là-parcequ’il-fait-pas-envie-a-voir.
Dans un coin du château, près de la porte qui donne sur le Piccolo Teatro se trouve une vieille ruine, une ancienne tourelle, visiblement, qui est totalement envahie de chats. Le temps de prendre la photo huit me sont passés devant (beurk). Mais que font-ils là ? Jusqu’à l’an dernier y’avait une pancarte avec les explications : à un moment au milieu des années 90 l’entreprise Whiskas a eu l’idée d’utiliser ce coin du château pour une expérimentation : les chats de cette Torretta dei gatti étaient livrés à eux-même simplement nourris par des boites de whiskas à volonté. Non, mais what the fuck ? Depuis quand on fait des tests sur l’autogestion des colonies de chats ? Et pourquoi diable Whiskas s’est amusé à nourrir ces machins-là au fin fond d’une cour milanaise qui maintenant pue la pisse ? Et y’en a partout des chats au castello sforzesco, heureusement qu’ils passent pas les douves sinon ce serait l’invasion…. Définitivement hallucinant !
Pour finir un peu d’histoire. En tant que bonne vieille ville médiévale Milan a plein de restes de fortifications, en particulier des Portes, anciennes entrées dans l’enceinte de la cité. La plupart d’entre elles ont les noms de lieux géographiques (Porta Ticinese, du fleuve Tessin) ou historiques (Porta Garibaldi, ben, de Garibaldi) et y’a Porta Vittoria. Bon « Porte de la Victoire » ça va. Sauf qu’avant cette demoiselle s’appelait Porta Tosa. Et là le WTF approche. « Tosa » ça peut venir soit du dialecte milanais qui veut dire « jeune fille » soit de « Tonsa » qui veut dire rasée, tondue. Dans les deux cas ça marche avec la légende, accrochez-vous : il paraît qu’en 1162 quand les soldats de Barberousse sont arrivés, une jeune milanaise au métier relativement évident est montée sur la porte, a soulevé ses jupes et s’est montrée entrain de se raser la motte !!!!!
What
The
Fuck ?
Alors bon les soldats de Barberousse étaient quand même pas réputés pour être les plus pédés de tous, alors pourquoi diantre a-t-elle voulu leur faire peur avec sa chatte à demi-rasée ?
Evidemment les Milanais se sont empressés de faire un bas-relief sur la porte en question, maintenant précieusement (maté) gardé au musée. Et histoire d’être bien sûr ils en ont fait des gravures aussi… Le plus grand what-the-fuck historique !
Ah oui, faut bien que parle de chaussure, ben mon WTF aujourd’hui était sur ces horribles chaussures à pointes avec démarche en canard. On se rend pas bien compte, mais en mouvement c’était pire que les babouches d’Aladdin portées par le Roi Lion.
A bientôt les p’tits loups !

